Histoire

Cabosses de cacaoyer

Cabosses de cacaoyer

 Originaire des plaines tropicales d’Amérique du Sud  et centrale, le cacaoyer, produisant les fèves de cacao, est cultivé depuis au moins trois millénaires dans cette région et dans l’actuel Mexique.

Les Mayas cultivent des cacaoyers et utilisaient les fèves de cacao pour fabriquer une boisson chaude, mousseuse et amère, souvent aromatisée avec de la vanille, du piment et du roucou nommée  « xocoatl »

Les Aztèques associent le chocolat avec Xochiquetzal, la déesse de la fertilité.

chocolat-maya

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Ils pensent que le Xocoatl  permet de lutter contre la fatigue et cette croyance découle probablement de la teneur en théobromine du produit.

Originaire d’Amérique, le cacaoyer est donc inconnu ailleurs dans le monde jusqu’au XVIe siècle

En 1494, Christophe Colomb jette par-dessus bord les fèves qu’il avait reçues des Amérindiens. Il les aurait prises pour des crottes de chèvre. C’est donc plus tard, en juillet 1502 sur l’île de Guanaja, qu’il découvre pour la première fois la boisson chocolatée

Ce fut l’Espagnol Cortès qui, en 1519, découvrit le cacao en Amérique Centrale. Dans l’un de ses courriers, il écrivait : « Nous avons découvert un nouveau remède. Il suffit d’en boire une coupe pour être tout ragaillardi et se sentir capable de fournir un effort toute une journée, même sans manger »

Hernan Cortes

Hernan Cortes

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Les colons espagnols n’apprécient cette boisson amère aux épices piquantes que lorsque les religieuses d’Oaxaca l’édulcorent et l’aromatisent avec du miel, du sucre de canne, du musc et de l’eau de fleur d’oranger.

Ce n’est qu’à partir de la conquête des Aztèques par les Espagnols que le chocolat est importé en Europe où il devient rapidement très prisé à la cour d’Espagne

Lorsque le chocolat arrive en France, rapporté par les conquistadors espagnols, il est réservé à la noblesse et la haute bourgeoisie.

L’arrivée du chocolat en France a commencé avec l’exil des juifs séfarades ou marranes d’Espagne en 1492 puis du Portugal vers 1536, fuyant l’Inquisition et venus se réfugier dans l’Hexagone en transportant le chocolat dans leurs valises.

De nombreux marranes s’installent notamment dans le quartier Saint-Esprit de Bayonne après 1609, ces premiers entrepreneurs du chocolat au Pays basque sont à l’origine de l’introduction du chocolat en France.

La France découvre en 1615 le chocolat à Bayonne à l’occasion du mariage d’Anne d’Autriche, fille du roi d’Espagne Philippe III avec le roi de France Louis XIII

Anne d’Autriche avait emmener dans ses valises du chocolat, on dit même qu’elle emmena avec elle une servante experte dans la réalisation de cette boisson qu’on dit alors « exotique » puisque venant des colonies.

Le chocolat entre alors dans les habitudes de la cour: il est consommé les lundis, mercredis et jeudis dans les salons de la cour.

 © Jean Baptiste Charpentier La famille Penthièvre ou la Tasse de Chocolat, 1768

© Jean Baptiste Charpentier La famille Penthièvre ou la Tasse de Chocolat, 1768

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On lui prête alors des qualités aphrodisiaques et médicinales. La plupart des médecins et botanistes lui reconnaissent ses bienfaits pour la digestion et des vertus dynamisantes.
On dit qu’il aide à lutter contre les vers et la constipation.
On le préconise aussi contre la fatigue et parfois contre les problèmes pulmonaires!

Les rois et reines de France, de Louis XIII à Marie-Antoinette, apprécient cette boisson chaude qui fait fureur à la Cour.

Le met, sous toutes ses formes, entre dans les habitudes culinaires de Versailles sous Louis XIV, qui popularise sa consommation à la Cour.

La marquise de Sévigné dit du chocolat, dans ses Lettres, qu’« il vous flatte pour un temps, et puis il vous allume tout d’un coup une fièvre continue »

Madame de Sévigné-1650 © Claude Lefebvre

Madame de Sévigné-1650 © Claude Lefebvre

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Mais c’est Louis XV, au siècle suivant, qui est considéré comme le plus grand amateur de cette boisson à base de cacao. Il arrive que le Roi prépare lui-même son breuvage dans les cuisines de ses Petits Appartements. La recette de Louis XV a traversé les époques :

« Vous mettez autant de tablettes de chocolat que de tasses d’eau dans une cafetière et les faites bouillir à petit feu quelques bouillons ; lorsque vous êtes prêts à le servir, vous y mettez un jaune d’œuf pour quatre tasses et le remuez avec le bâton sur un petit feu sans bouillir.

Si on le fait la veille pour le lendemain, il est meilleur, ceux qui en prennent tous les jours laissent un levain pour celui qu’ils font le lendemain ; l’on peut à la place d’un jaune d’œuf y mettre le blanc fouetté après avoir ôté la première mousse, vous le délayez dans un peu de chocolat de celui qui est dans la cafetière et le mettez dans la cafetière et finissez comme avec le jaune » ***

LaTasse de Chocolat © Lancret Nicolas

LaTasse de Chocolat © Lancret Nicolas 1742

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Les favorites de Louis XV, dont Madame du Barry, ne se privent pas non plus de ce cocktail exotique, notamment apprécié pour ses vertus aphrodisiaques. A la même époque, les premières machines destinées à fabriquer le chocolat voient le jour, et plusieurs ateliers spécialisés s’installent à Paris.

Comme pour les boissons exotiques que sont le thé ou le café, l’Église se pose la question de savoir s’il s’agit d’un aliment ou d’une source de plaisir.

En 1662, la sentence du cardinal Francisco Maria le chocolat est déclaré maigre, pouvant même être consommé pendant le Carême

Une dame versant du chocolat ©  Jean-Etienne Liotard  1744

Une dame versant du chocolat © Jean-Etienne Liotard 1744

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En 1770, lorsque Marie-Antoinette épouse Louis XVI, elle arrive à la Cour de Versailles avec son propre chocolatier, qui prend le titre très officiel de « Chocolatier de la Reine ».

L’artisan invente de nouvelles recettes et mêle le chocolat à la fleur d’oranger ou à l’amande douce. La fève de cacao ne se démocratise qu’au XIXe siècle avec l’apparition des grandes usines, aux noms aussi célèbres que l’Anglais Cadbury ou le Français Menier.

Ce n’est qu’au XVIIIème siècle que la haute bourgeoisie le découvre à son tour.
Mais il faut attendre 1824 pour que l’industrie du chocolat se mette en marche
et que chacun puisse, enfin,  en profiter…

Bain avec chocolat, XVIIe siècle

Bain avec chocolat, XVIIe siècle

L’histoire du cacao et du chocolat

source  http://www.chateauversailles.fr et le web

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À propos de chantecler18

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