Capitale de l’Empire russe de 1712 jusqu’en mars 1917 (ainsi que la Russie dirigée par deux Gouvernements provisoires entre mars et octobre 1917), Saint-Pétersbourg a conservé de cette époque un ensemble architectural unique qui en fait une des plus belles villes d’Europe. Deuxième port russe sur la mer Baltique 

Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par le tsar Pierre le Grand dans une région disputée depuis longtemps au royaume de Suède.

Par son urbanisme résolument moderne et son esthétique d’origine étrangère, la nouvelle ville devait permettre à la Russie d’« ouvrir une fenêtre sur l’Europe » et contribuer, selon le souhait de Pierre, à hisser la Russie au rang des grandes puissances européennes.

Alekseyev, Fedor Yakovlevich Vue quai du Palais de la Forteresse Pierre et Paul 1794

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Le centre-ville, construit sur des directives des souverains russes, présente une architecture unique qui mélange des styles architecturaux (baroque, néoclassique) acclimatés de manière originale par des architectes souvent d’origine italienne. Sa beauté alliée à l’existence de nombreux canaux lui ont valu le surnom de « Venise du Nord »

La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1990

De sa fondation jusqu’au début du XXe siècle, Saint-Pétersbourg a été le principal centre intellectuel, scientifique et politique du pays.

Saint Petersbourg au XIX

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Au XIXe siècle, la ville devient le principal port commercial et militaire de la Russie ainsi que le deuxième centre industriel du pays, après Moscou.

C’est d’ailleurs à Saint-Pétersbourg qu’éclate la Révolution russe de 1917 et que les bolcheviques triomphent. La ville connaît par la suite un certain déclin.

Au début des années 1920, à la suite du transfert de la capitale à Moscou et de la guerre civile, le chiffre de la population s’effondre ; celle-ci ne retrouve son niveau d’avant 1914 qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale

Depuis cette époque, Saint-Pétersbourg a régulièrement perdu du terrain par rapport à Moscou, phénomène qui s’est accentué depuis la libéralisation du système économique russe.

Saint-Pétersbourg a changé plusieurs fois d’ appellation  : elle est rebaptisée Pétrograd de 1914 à 1924, puis Léningrad de 1924 à 1991, avant de retrouver son nom d’origine à la suite d’un référendum en 1991.

La ville de Saint-Pétersbourg est construite sur le delta marécageux de la Néva au fond du golfe de Finlande en mer Baltique La ville compte 42 îles.

À l’origine, il y en avait un plus grand nombre mais de nombreux canaux ont été comblés

Jusqu’au XIXe siècle, les eaux peu profondes du golfe de Finlande arrivaient à recycler naturellement les effluents produits par la ville.

D’ailleurs de nos jours, les eaux usées des 5 millions d’habitants et des nombreuses industries ne représentent toujours que 2 % des eaux déversées par la Néva. Mais, au milieu du XIXe siècle, une première épidémie de choléra et de typhus éclata à cause de la mauvaise qualité des eaux. En 1908, une épidémie de typhus fit 9 000 victimes.

Le problème fut réglé en 1910 par une modification du lieu de captage des eaux de la ville.

Dans les années 1950 et 1960, l’accroissement rapide de la population remit le sujet à l’ordre du jour.

Circonstance aggravante les eaux de la Néva étaient alors très polluées avant même de pénétrer dans la ville : issues du lac Ladoga, elles étaient à la fois dégradées par les nombreuses usines installées sur le pourtour de ce lac et par la qualité des eaux des rivières alimentant le lac.

Une usine de retraitement fut construite à l’époque mais, de nos jours, 25 à 30 % des eaux usées ne sont toujours pas retraitées. 

Saint Petersbourg 1776 sous Catherine II

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La fondation d’une nouvelle capitale fait partie de la série de réformes entreprises par le tsar Pierre le Grand pour faire de la Russie un pays moderne et une puissance européenne.

Lorsque Pierre le Grand arrive au pouvoir, la Russie est un pays sans université, sans scientifique ni technicien, placé sous la coupe d’une Église et d’une noblesse terrienne particulièrement conservatrices.

Dépourvue de marine et défendue par une armée sans cadres professionnels ni armement moderne, la Russie n’arrive pas à s’imposer face à ses puissants voisins la Suède et l’Empire ottoman. Hormis ses églises et le kremlin, Moscou est une ville de maisons en bois. De plus, Pierre le Grand n’apprécie pas Moscou pour ses traditions qu’il juge passéistes

Alekseyev, Fedor Yakovlevich Vue de la Bourse et l’Amirauté de la Forteresse Pierre et Paul 1810

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La création de Saint-Pétersbourg va permettre à Pierre de disposer d’un véritable port en eaux libres qui lui permet de créer une marine de guerre et de commercer facilement avec les autres pays d’Europe

Neva St Petersbourg La forteresse Pierre et Paul le premier bâtiment construit

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Selon cette légende, le tsar visionnaire aurait choisi au premier coup d’œil d’implanter sa future capitale dans une région de marécages dépourvue d’habitants située à l’embouchure de la Néva. L’illustration la plus connue de la « capitale sortie du néant » par la volonté créatrice d’un souverain inspiré se trouve dans le poème Le Cavalier de bronze d’Alexandre Pouchkine (1834).

La date officielle de la fondation de la ville est le 16 mai 1703

 Pierre le Grand ne semble pas avoir projeté, dès le début, de faire de la forteresse le noyau d’une ville de plus grande taille et a fortiori de sa future capitale. La fonction de la forteresse Pierre-et-Paul était en premier lieu de reprendre le rôle de Nyenschantz, c’est-à-dire de protéger l’accès à l’embouchure de la Néva mais, cette fois, au bénéfice des Russes. 

Pierre le Grand choisit finalement en 1706 d’y construire sa nouvelle capitale, sans doute parce que l’emplacement de Saint-Pétersbourg en fait un bon port maritime le plus souvent libre des glaces et bien relié au réseau fluvial de la Russie

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© Makhayev Kachalov Eau-forte vue de la Neva entre le palais d’hiver et l Académie des Sciences 1753

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En 1712, la Cour, les ambassades et le sénat sont transférés dans la nouvelle capitale. Pour peupler Saint-Pétersbourg, Pierre le Grand donne l’ordre aux principales familles nobles de Moscou de s’installer dans la nouvelle ville

Pierre le Grand fait venir dès la création de la ville des artisans et des ingénieurs de toute l’Europe, en particulier des Pays-Bas, pour faire de la ville un centre majeur des techniques et des sciences.

Après la mort de Pierre le Grand en 1725, l’enthousiasme des souverains russes pour la « fenêtre sur l’Occident » retombe.

Les impératrices Élisabeth (1741-1761) et surtout Catherine II renforcent la politique d’ouverture vers l’Europe occidentale et font venir à Saint-Pétersbourg des artistes et des architectes.

Les prestigieux bâtiments qui ont forgé l’image de la ville sont construits sous le règne d’Elisabeth : elle fait ainsi édifier le palais d’hiver et le monastère Smolny

La Magasin des Provisions de la Cour, sur la rivière de Fontacka, à St Petersbourg © Georg Balthasar Probst

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 Elle fait reconstruire le palais de Catherine (sa mère) en ayant recours à l’architecte baroque d’origine italienne Bartolomeo Rastrelli qui réalise plusieurs des grands bâtiments de la ville. Catherine II est sans doute la personne qui, après Pierre le Grand, a joué le rôle le plus décisif dans le destin de Saint-Pétersbourg. 

C’est une représentante du siècle des Lumières, au moins jusqu’à la Révolution française, et elle fait fortement progresser la culture et l’art. 

Catherine II crée 25 établissements académiques ainsi que l’institut Smolny, la première école publique russe pour les filles. La statue équestre de Pierre le Grand, monument emblématique de la ville, date également de son règne

À la fin du XVIIIe siècle et durant la première moitié du XIXe siècle, la ville connaît un épanouissement, d’abord culturel, puis scientifique et technique.

Projet d’une Place à St Petersbourg 1740 © Georg Balthasar Probst

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La première école de ballet russe est créée en 1738. En 1757, c’est au tour de l’académie impériale des beaux-arts dans laquelle sont formés encore aujourd’hui peintres, sculpteurs et architectes. Des universités et des bibliothèques sont créés : en 1783 s’ouvre le théâtre Mariinsky, dans lequel seront joués les premiers opéras russes de Mikhaïl Glinka.

En 1804, l’académie du génie Nicolas est ouverte puis, en 1819, l’université d’État de Saint-Pétersbourg.

La suppression du servage en Russie par Alexandre II en 1861 fait affluer dans la ville un grand nombre de paysans qui ne peuvent se nourrir sur les terres qui leur ont été attribuées.

La population augmente très rapidement en quelques années. Les écrivains et les intellectuels se réunissent dans des cercles littéraires et publient des dictionnaires et des revues. 

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de G à D ….Théâtre Ermitage – Vieil Ermitage – Petit Ermitage – Palais d’Hiver le Nouvel Ermitage n’est pas visible derrière le Vieil Ermitage.

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Grèves, révoltes et révolutions de la période moderne de l’histoire russe, depuis la révolte des décembristes en 1825 jusqu’à la Révolution russe, ont lieu à Saint-Pétersbourg. À la fin du XIXe siècle, les troubles et les petits soulèvements sont un phénomène fréquent dans la ville.

Dès la fin du XIXe siècle. des partis et associations révolutionnaires sont créés à Saint-Pétersbourg et réprimés de manière sanglante par la police.

Georg Balthasar Probst Saint Petersbourg « Prospectus Horti deliciarum Axariani »

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La révolution de 1905 se déclenche à Saint-Pétersbourg durant l’épisode du dimanche rouge. À la suite de cette révolution, la deuxième douma de l’histoire de Russie est convoquée dans la ville. La révolution de février 1917 a également lieu pour l’essentiel à Saint-Pétersbourg. Le signal de départ de la Révolution d’Octobre, la même année, est un coup de canon tiré par le croiseur Aurore ancré dans le port de Pétrograd. Lénine transfère la capitale à Moscou peu après.

La famine due à la guerre civile (1917-1923) chasse les habitants. La perte du statut de capitale entraîne le transfert de beaucoup d’emplois vers Moscou.

Après la mort de Lénine en 1924, l’ancienne ville des tsars est rebaptisée Léningrad

En décembre 1934, le responsable du parti à Léningrad, Sergueï Kirov, est assassiné à l’institut Smolny.

L’assassinat sert de prétexte au déclenchement d’une féroce répression dans la région de Léningrad d’abord, puis dans toute l’URSS (Grandes Purges) qui vont décimer l’élite historique du parti et la population soviétique et permettre à Staline d’asseoir sa dictature

La campagne de collectivisation des terres (1929-1933) entraîne l’arrivée de centaines de milliers de paysans qui se font embaucher dans les usines locales.

La population remonte à près de 3 millions d’habitants à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

A Suivre ……

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SAINT PETERSBOURG avec Mozart.mp4

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À propos de chantecler18

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